Faut-il montrer des marques d’honneur au Saint-Sacrement et aux icônes conservés dans les églises schismatiques ?

Si je vais à des liturgies d’église orthodoxe ou d’église orthodoxe orientale, dois-je m’incliner devant l’Eucharistie et ses icônes ?

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   Avant de répondre à votre question (s’il faut montrer des marques d’honneur au Saint-Sacrement et aux icônes conservées dans les églises orientales séparées de Rome), il est bon de rappeler les raisons de ces pratiques de dévotion.

   En adorant le Saint-Sacrement, nous faisons des gestes qui manifestent l’honneur qui est dû à Dieu seul. En effet, c’est Jésus-Christ lui-même qui est réellement présent dans le sacrement de l’Eucharistie, conservé dans les tabernacles du monde entier. En faisant notre génuflexion devant l’hostie, nous adorons le seul vrai Dieu, celui qui habite parmi nous.

   Les signes de respect rendus aux images des saints sont plus rares dans la tradition occidentale que dans celle de l’Orient. Cependant, notre fond commun est la volonté d’honorer les amis de Dieu que ces images représentent. Il ne s’agit pas d’un culte rendu aux idoles, puisque les peintures ou les statues sont faites pour nous faire penser à des femmes et hommes qui existent vraiment, contrairement aux faux dieux. Ce qui est important aussi, c’est le fait que ces personnes sont désormais toujours auprès de Dieu au Ciel et peuvent donc intercéder pour nous.

   Ceci étant dit, on peut se demander s’il faut manifester ces signes de respect dans des églises qui ne sont pas en communion avec l’Église catholique. D’abord, il faut observer que dans ces églises on conserve le Saint-Sacrement, mais qu’on ne l’adore pas. Les Orientaux ne connaissent pas un culte eucharistique aussi important que les Occidentaux (ils n’ont pas de processions du Saint-Sacrement, ils n’ont pas de Fête-Dieu). Le tabernacle se trouve sur l’autel, derrière l’iconostase et ils sert surtout comme Sainte-Réserve, d’où l’on peut prendre le Saint-Sacrement pour l’amener aux mourants. Les Orientaux ne génuflectent pas devant les tabernacles.

Quant au culte des icônes, il est bien plus développé qu’en Occident, à tel point que l’un des dimanches de l’année liturgique, le premier dimanche du Carême, porte le nom du « Dimanche du Triomphe de l’Orthodoxie », qui commémore le IIème Concile de Nicée, le VIIème Concile Œcuménique. Ce Concile a condamné l’iconoclasme, l’hérésie qui interdisait le culte des saintes images. Le Concile en question a affirmé la doctrine catholique au sujet du culte des saints et de leurs représentations. En Orient, il comporte le fait de s’incliner devant une icône, de l’embrasser, de faire un signe de croix, de brûler une lampe ou de l’encens devant elle. Pour les plus grandes fêtes, on expose dans le lieu central une icône qui représente l’événement célébré.

Un catholique, lorsqu’il participe à une liturgie des orientaux séparés de Rome, peut rendre l’honneur dû au Saint-Sacrement, aux saints figurants sur les icônes. Ni le Saint-Sacrement, ni les icônes ne sont schismatiques ! C’est le même Jésus eucharistique et les mêmes saints que les Occidentaux et les Orientaux vénèrent. Notre-Seigneur et ses amis ne sont pas coupables de la séparation.

Mais lorsque nous fréquentons ces églises, il faut faire attention à ne pas rendre honneur aux icônes des personnes que les orthodoxes ont canonisées après la séparation d’avec Rome. Cependant, il faut toujours rester prudent, afin que notre comportement ne soit pas pris pour une adhésion à ces communautés chrétiennes. On doit aussi penser au fait que notre comportement pourrait donner une mauvaise impression au sujet des catholiques et être cause de scandale, ce que nous devons éviter, par charité ! Il faut donc toujours garder une attitude digne et respectueuse… et éviter de se retrouver dans des situations délicates.