Peut-on épouser une personne d’une autre religion ?

Si deux personnes s’aiment mais ne pratiquent pas la même religion, est-ce qu’ils peuvent quand même se marier, ou est-ce qu’il vaut mieux qu’ils se séparent ?

Femme, 23 ans

La passion ne permet pas seule de faire un mariage.

Aimer passionnément son futur conjoint d’un amour juste et réciproque est fortement conseillé pour sceller une union matrimoniale. Néanmoins, une passion d’amour, même forte, ne justifie pas la mise en danger de sa foi au contact d’un conjoint, qu’il soit schismatique, hérétique, païen, infidèle, athée, ou d’une fausse religion.

Et si d’aventure, l’orgueil prenait de se penser assez fort pour y arriver, malgré l’avertissement de saint Paul (« Que celui qui croit être debout prenne garde de tomber » :  I Cor 10,12), qu’on ne présume surtout pas pour les enfants qui naîtront de cette union. Ces derniers risquent tout simplement de ne pas être élevés dans la foi, ou à tout le moins dans une foi chancelante.

C’est si vrai que l’Église a même, en faveur de la foi, le pouvoir de rescinder des mariages naturels non sacramentaux, en vue d’un mariage catholique. Par exemple lorsqu’un conjoint accède au baptême sans l’autre. En vertu du pouvoir pétrinien, ou du privilège paulin (parce que décrit par saint Paul, I Cor 7, 10-11), le pouvoir du Souverain Pontife peut même aller jusqu’à dissoudre un mariage contracté à l’Église, avec dispense, entre un baptisé et un non-baptisé !

La vraie sagesse est d’épouser dans la même foi un conjoint catholique. Pour vivre dans la même foi une union (qui dure toute la vie, c’est long !) et pour y élever dans la foi catholique les enfants, pour lesquels le mariage est d’abord fait, avec la force que donne l’exemple des père et mère conjoints.

J’exhorte donc les parents et catéchistes à enseigner cette sagesse à leurs enfants dès leur catéchisme, avant qu’il ne soit trop tard.

Pour être complet, j’ajoute qu’il est vrai que l’Église peut dispenser de cette obligation pour un catholique d’épouser un catholique. Les dispenses de disparité de culte (entre deux baptisés dont l’un n’est pas catholique) et de religion mixte (entre un baptisé et un non-baptisé) existent.

Mais ce sont des dispenses que l’Évêque peut accorder lorsqu’un motif sérieux existe. Et s’il faut une dispense, c’est justement parce que c’est interdit.

C’est ainsi que lorsqu’une personne éprouve une grande difficulté à se marier avec un catholique, ou un grave inconvénient à ne pas se marier avec un non-catholique, la dispense est possible.

Notez que la dispense est alors assortie de précautions pour les enfants : une promesse formelle des deux conjoints qu’ils soient éduqués dans la foi catholique.

Quelle que soit votre situation, je vous invite à vous rapprocher d’un prêtre (nous pouvons, au besoin vous aiguiller) pour vous aider dans votre vie  et vos projets.

En particulier, il est une grâce que Dieu fait parfois à l’occasion d’une rencontre. Le non-catholique peut le devenir ! Si quelqu’un dit vous aimer et ne veut pas se pencher sur votre foi, ne serait-ce que pour mieux vous connaître, c’est un menteur. Bien sûr, il ne doit pas s’agir d’une conversion d’apparence, mais bien celle vraie du cœur et de l’esprit !